Ninja Terminator (review de 2007)

Allez, on est à l’été 2007, ma vie suit un cours plutôt tranquille, et je regarde plein de films. Mais celui que je choisis de relater, c’est un Godfrey Ho. Je m’étais déchiré sur celle-ci, faut croire que je profitais de mon temps avant d’entrer en Année « Spéciale ».

A peu de choses près (coquilles…), je laisse la critique d’époque comme elle était alors.

Ninja Terminator

Synopsis : L’Empire Ninja (méchants) possède un puissant artefact, le Golden Ninja Warrior qui rend immortel. Des ninjas (gentils) volent les trois pièces de cet abominable mako moulage et se font poursuivre par l’Empire Ninja (méchants). Pendant ce temps, sans que ça ait le moindre rapport (malgré ce que veut nous faire croire Godfrey Ho), Jaguar One (gentil), un policier chinois, tabasse des gens extrêmement mal habillés (méchants) sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. Soi disant que ça a un rapport avec la sœur (gentille) d’un des trois ninjas (gentils) qui se fait assassiner par l’Empire Ninja (méchant).
Le match va donc opposer… Des ninjas rouges et des chinois mal habillés (méchants) VS Des ninjas aussi gentils que tout aussi mal habillés.1
Des têtes à lever toutes les nanas en boîte de nuit !

Coefficient d’Undergroundness : Ce film est plutôt connu des amateurs de mauvais film de ninja, puisque c’est sans doute un des plus mauvais (meilleur) de l’affreux Godfrey Ho. Le fait qu’il s’agisse de deux films mélangés en un seul peut le rendre totalement inintéressant et incompréhensible pour le simple amateur de bis. Il faut quand même aimer le nanar comme un vieil amant aime son viagra pour apprécier la chose. De plus, je ne pense pas qu’il existe de VF (heureusement les dialogues ont autant d’intérêt qu’une émission sur la Brocante la nuit sur la chaîne parlementaire). La partie « Jaguar One » étant constituée de 95% de coups de tatanes, ça ne devrait pas déplaire aussi au amateurs de mauvais films de kung-fu.

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Telephone NINJA !

Capilomètre : De la moustache, du cheveux long, des perruques, de la chemise à fleur, du poil au pattes, des coiffures bigoudi pour les femmes, et ce indifféremment pour les bons, les méchants, tout le monde est placé sous le signe du poil ridicule, c’est un régal pour les papilles des yeux.03
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Poils multiethniques : au moins Godfrey Ho fait dans le métissage.

Taux d’invraisemblance : Hoesque, au sens le plus nanar du terme. Pour les novices, je rappelle la technique : on tourne quelques scènes de ninja sans queue ni tête, on les mélange à un autre film quelconque (et asiatique) acheté au rabais et on fait croire qu’il ne s’agit que d’un seul et unique film en utilisant des astuces grotesques (les personnages se téléphonent, font des champs contre champ, font référence les uns aux autres, mais ne se croisent jamais, et n’ont manifestement aucun lien entre eux). La magie de la post-synchro fait le reste : les doublages approximatifs ne sont la que pour nous faire croire que les galipettes des ninjas ont un rapport avec les milliers de coups de tatane distribué par Jaguar. Pas crédible une seconde. Le demi-film de ninja est totalement ridicule (on l’aime pour ça), et rend complètement incompréhensible le demi-film de kung-fu. Heureusement qu’il n’y a rien à comprendre.

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Juste avant ce combat dantesque a base d’épées qui apparaissent, de téléportations et autre bombinettes de fumées, les personnages (qui ne sont même pas ennemis) viennent de faire référence à l’autre film de manière totalement bidon. C’est bien dommage parce que nous on veut juste qu’ils se tapent dessus à coup de bombinettes de fumée !

Prouesse des cascadeurs : Il faut être un minimum honnête. La partie Jaguar du film est un vrai film fait avec de vrais gens qui font des arts martiaux, et ça se sent. Les combats sont kitsch, mais bon ça reste de vrais combats. Par contre, la partie Ninja ! Galipettes au dessus du lit pour traverser une chambre, personnages en pyjama faisant la roue pour se déplacer, mouvement de course filmés en accéléré pour faire « ninja », petites cabrioles fougueuses… Tout y est !

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« regarde ce que je fais maman, je cours comme un ninja ! »

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« hop »

Quantité de mousse utilisée : Peu, voire pas, c’est trop cher. Tous les effets spéciaux sont fait à base de fumée et de téléportations ratées (« surtout bouge pas jusqu’a ce que machin soit entré dans le champ sinon il faudra la refaire ! »). Sur les « trucs ninjas » d’ailleurs, Ho s’en donne à cœur joie avec le budget minimum. Ça explose, ça se téléporte, ça sort des griffes de ses manches, ça découpe des pastèques à distance, sans qu’à un seul instant on y croie

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Katana a moteur bricolé avec du carton et une ficelle. Wow quels asticieux ces ninjas !

Pr0n’z : Une scène de sexe, sans aucun intérêt, dans la partie Jaguar. D’ailleurs on ne comprend absolument pas ce qu’elle vient foutre là, vu qu’elle a encore moins de rapport avec « le scénario » que le reste du film. En plus, c’est a peu près aussi glamour qu’un sac poubelle qui fuit.

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Deus Ex Machina : dès que les deux films n’ont absolument plus aucun rapport apparent, une scène totalement grotesque fait avancer le scénario, par exemple en nous faisant croire que les gentils ninjas voient une vidéo de la sœur d’un des leurs en train de se faire torturer (en fait ils sont simplement en train de regarder l’autre film à la télé). Le truc scénaristique le plus immonde reste quand même l’apparition du robot de l’Empire Ninja qui arrive pour délivrer d’effrayants messages aux gentils. Une image sera plus parlante qu’une description.

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« rawr je suis le robot de l’Empire Ninja, lol »

Taux de méchanceté des méchants : maximum. On est pas la pour faire dans la subtilité, les méchants sont méchants, point. Dans la partie Jaguar, la plupart du temps, on a pas la moindre idée de ce qu’ils foutent là, et Jaguar les tatane dans la gueule sans qu’on sache bien s’il a vraiment une raison de le faire. Exemple, des Chinois jouent au base ball, lui s’approche :
« Eh où est le restaurant machin ? »
Silence des chinois et grimaces agressives. Grosse baston. Les chinois défaits finissent par indiquer le restaurant. Pourquoi pas dès le départ ? Pourquoi des mecs qui jouent au base ball dans la rue attaquent un flic sans raison ? Nous ne le saurons pas.
Parce que blah.

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« ne pas nourrir après minuit »

Taux de stupidité des méchants : Vu qu’ils ne font pas grand chose à part attaquer les héros, bonne question. Ils sont tous assez chiants et cons et sans intérêt.
Taux de gentillesse des gentils : Ben on est dans un film de Godfrey Ho donc les héros sont pas spécialement emprunt d’une grande moralité. Les ninjas gentils sont des voleurs d’artefacts qui zigouillent leurs ennemis sans scrupules et Jaguar est manifestement ultraviolent.
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« rien a foutre que mon ennemi se suicide en explosant comme un gros pétard, puisque maintenant c’est moi qui ait le lego de l’immortalité »

Taux de stupidité des gentils : Je ne sais pas ce qu’on doit penser de gens qui saute au dessus de lits en faisant des galipettes sans raison apparente, ou qui se baladent en treillis pour passer inaperçu. Surtout de gens qui sont capable de faire cette tête a tout bout de champ :

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« grmbl »

Ratio de déficience de jeu des comédiens : Le Héros est Richard Harrison. A partir de là, je crois qu’on a fait le tour. Les acteurs chinois jouent mal, mais Harrison les surpasse de très loin.17
« Oh ! mais que ! »

Vacuité de la bande sonore : Ziouuuu Piouuuu Boum, flip flap ! Chaque mouvement ninja est souligné à l’imperfection par un bontempi de bon aloi. On a du mal à croire qu’ils sont supposés être discrets !
Seyance du doublage : J’ai vu une très mauvaise version anglaise, s’il existe une VF elle soit certainement pas être triste.Bloodotron : Ça pas de problème, les personnages sont de la chair a pâtée allègrement zigouillée par paquet de douze. ceci dit, pas trop de sang à l’écran parce que pour faire du faux sang il faut du sirop de fraise et que ça coûte cher. La partie Jaguar est bourré d’ecchymoses et de coupures, ce qui s’explique par le fait que le vaillant policier doit défoncer la gueule à au moins 100 sbires pendant le film.18
« Fatality : piétinement de mort »

Bilan : Un demi-film de ninja extrêmement nanar (je pense pas qu’on puisse faire pire/mieux en la matière), et un demi-film de kung-fu assez mauvais qui traîne un peu en longueur et qui n’est pas franchement passionnant, sauf si on aime les combats particulièrement kitsch et les coiffures improbables. Le tout fait moins d’une heure trente, c’est bien. A regarder entre amis avec des pépitos.

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