Anime Was a Seasonal Mistake, Printemps 1994

J’ai neuf ans et demie, et je ne suis pas vraiment capable de discerner les contours géopolitiques de cette saison qui alternera le meilleur (Mandela président en Afrique du Sud) et le pire (le génocide Rwandais). Ce qui est sûr, c’est que je regarde trop de dessins animés japonais. Mais que nous réservait donc cette saison, où toutes les nouveautés sont invariablement coincées entre les lourdes ombres portées du trio infernal DBZ*Slam Dunk*Yuyu Hakusho qui continuent leur interminable diffusion ?

Je ne parle comme d’habitude que de ce que je connais.

TELEVISION

Sailor Moon Super S

Bishoujo Senshi Sailor Moon S

CLAIREMENT PAS la saison dont je me souviens le mieux. Dans mon souvenir c’était nettement moins bien que les deux premières, parce que j’aimais pas les méchants et les nouveaux persos, mais tout est très très embrouillé dans mes souvenirs de cette série. Quoi qu’il en soit, c’est sans doute beaucoup mieux que le reboot.

G Gundam

Mobile Fighter G Gundam

Allez, QUI n’a pas regardé au moins une fois un épisode de G Gundam juste pour rigoler ? Première série à ne pas se dérouler dans l’Universal Century, elle tourne autour d’un concept débilissime à base de Jeux Olympiques de combats de robotos pour savoir quel pays dirigera les autres, BUT IN SPACE. Les personnages et leurs robots reprennent des stéréotypes nationaux avec une subtilité rare qu’on peut résumer en une seule image :
Afficher l'image d'origine

L’ensemble est d’un kitsch invraisemblable, et probablement un des pires trucs de la franchise Gundam mais pas aussi mauvais qu’on peut le penser au vu de la réputation qu’il se traîne. Il faut surtout voir ça comme un show pour enfants avant tout, avec une volonté de se démarquer très franchement de ce qui a été fait avant. La série a au moins eu le mérite de briser le tabou de la continuité et de montrer qu’on pouvait faire des trucs alternatifs avec le Gundamverse sans forcer les gens à s’avaler 20 ans de continuité. Allez, je n’ai pas peur de le dire, sans Gundam G, pas d’Iron-Blooded Orphans (si).

Marmalade Boy

Marmalade Boy

Ce qu’il y avait de cool (et d’horrible en même temps) avec les ninteries c’est que les créateurs ne se posaient généralement aucune question de cohérence ou de goût sur les pitchs de leurs oeuvres. La déconstruction, c’était bon pour les années 80 et les années 2000, là on pouvait aller full Yolo dans le premier degré du nawak et c’était hype. DONC, Marmalade Boy c’était le plut, finalement assez avant gardiste, de deux couples qui décident à la fois de divorcer et d’échanger leur partenaires, et de leurs enfants qui sont au milieu de ça… Un mélange de notre belle famille et de On a échangés nos mamans au pays du shojo, avec cette bonne vieille dose de pseudo-inceste sans laquelle le Japon ne serait plus le Japon.
Marmalade Boy (je parle du manga n’ayant pas vu l’animé) c’est assez marrant, jamais nunuche, très rentre-dedans, et quand on voit le nombre de gants et d’atermoiements qu’on a dans plein de trucs romantiques modernes, ce côté très franc du collier apparaît encore avec une étonnante modernité. Il faut cependant se fader un style qui a beaucoup, BEAUCOUP vieilli.

La légende de Blanche-Neige

Shirayuki Hime no Densetsu

J’en parle parce que ça a été diffusé chez nous sur France 3, et parce que c’était pas bien. Comme la plupart des adaptations de Blanche Neige, d’ailleurs. La Tatsunoko est bien loin de son lustre d’antan, et enchaîne les projets anecdotiques parce qu’il faut bien manger. Voilà, bon.

Montana Jones

Montana Jones

Si les productions bizarres entre la France et le Japon avec tout ce que ça a eu de meilleur comme de pire étaient une marque de fabrique très 80-90′, autant l’animation a connu à la même période on lot de calzone au wasabi, parce que souvenez-vous, à l’époque il n’y avait quasiment que deux marchés d’exports occidentaux pour le soft Power Japonais : nous et nos voisins transalpins.
Surfant sur un chara design très, disons, inspiré du fameux Sherlock Holmes de 84 (lui aussi italo-nippon) et s’inspirant un poil en retard de l’Indiexploitation, Montana Jones était une série sympa, mais qui manquait cruellement de quoi que ce soit qui la démarque en mieux de ses modèles. Mais c’est sympa d’avoir essayé, hein.

OAV

Alors que se terminent les premières aventures du débile qui sert de héros à Ah My Goddess commencent le combat autrement plus haletant de

Iria

Iria: Zeiram The Animation

Suivant les traces de son frère qui la conduiront à devenir chasseuse de prime, Iria FAIT LA BAGARRE CONTRE UNE FORME DE VIE EXTRATERRESTRE HOSTILE. ici pas de digression, âge d’or de la vidéo aidant, on peut se permettre de faire du grand spectacle bien phat sans avoir  à faire dix épisodes fillers en diapositive derrière. Iria, c’est rapide, c’est brutal et c’est devenu à mes yeux un classique de la SF de cette époque. C’est ce vieux cochon de Katsura au design et on ne peut pas lui enlever qu’il sait dessiner.

Shin Cutey Honey

Shin Cutey Honey

En parlant de vieux cochon, bon, quelle décennie n’a pas eu sa version de Cutey Honey (les années 80 me souffle-t-on à l’oreillette) ? Ni la meilleure ni la pire chose qui soit arrivée à la franchise, mais c’est quand même assez cool, si on aime le style meuf badass souvent toute nue qui tape sur des trucs qui l’ont bien mérité. Les openings donnent bien le La.

Nana Toshi Monogatari: Hokkyokukai Sensen

Nana Toshi Monogatari: Hokkyokukai Sensen

EN L’AN 20XX LA TERRE EST DÉVASTÉE, DEUX STRATÈGES SE TAPENT DESSUS POUR JE NE SAIS QUEL MOTIF, QUELLE PURGE. 2 épisodes, avis aux amateurs.

AU CINEMA

Pompoko

Heisei Tanuki Gassen Ponpoko

Le plus Japonais des films de Takahata, peut-être, avec sa bande de Tanukis farceurs en harmonie avec la nature qui décident de lutter contre l’urbanisation avec leurs coucougnettes  kokoros. C’est très bon, mais je n’arrive pas à le placer très haut dans ma filmographie personnelle. Il y a quelque chose d’une mélancolie étrange qui ne me parle pas du tout, et je ne saurais même pas dire pourquoi. Ça reste, un classique, mangez-en.

HENTAI

Il semble qu’il n’en soit pas sorti au printemps 94, peut-être que Cutey Honey suffisait aux gens qui voulaient se

BILAN

Rien de totalement indispensable mais rien de totalement à chier non plus, voilà qui ferait un excellent slogan pour toute l’année 94. Le marché de la vidéo truste tous les trucs vraiment cool, et la télé est saturée par des indéboulonnables pour encore quelques années. Il faudra encore attendre toute une année de ce train-train un peu mou rythmé par de grosses OAV pour en arriver à la titanesque années 1995, ce qui est une autre histoire que je vous raconterai peut-être un jour.
AMHA, si vous n’avez qu’un truc et un seul à retenir de cette saison, c’est Iria.

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